Plan « Étudiants »

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a présenté lundi 20 novembre 2017 son « Plan Etudiant », un plan en 20 mesures, dont la majeure partie concerne l’orientation et l’inscription dans l’enseignement supérieur.

Accompagnement de l’orientation au lycée

1 – Deux professeurs principaux en classe de Terminale pour accompagner individuellement les élèves dans la construction de leur projet d’études.

Ces professeurs seront chargés de coordonner les « fiches Avenir » donnant un avis sur les vœux exprimés par les élèves. Cette mesure doit être mise en place dès le 1er trimestre, dans la mesure du possible.

La nomination de professeurs référents spécialistes de certaines filières au sein des lycées ou la participation d’enseignants chercheurs aux conseils pédagogiques des lycées, nous paraît plus opportune et efficace. De même, un renforcement des équipes de Psychologues de l’Education Nationale nous paraît nécessaire pour mieux aider les lycéens.

2 – Intégration dans l’année de Terminale de 2 semaines dédiées à l’orientation pour tous les élèves.

Ces deux semaines seront organisées relativement tôt dans l’année, la 2nde se déroulant en même temps que les Journées Portes Ouvertes des établissements d’enseignement supérieur .

La construction d’un projet d’orientation nécessite du temps. Il nous semblerait plus efficace de répartir cet effort sur les trois années du lycée.

3 – Examen approfondi par le Conseil de classe du projet d’orientation de chaque élève.

Cette procédure, déjà en place pour les filières sélectives, nous semble aller dans le bon sens. Les limites sont la connaissance par les équipes des exigences des filières demandées, ainsi que la durée des conseils de classe à venir.

4 – Dialogue renforcé, sous l’autorité du recteur, entre enseignement secondaire et enseignement supérieur.

Une « Commission d’accès au supérieur » présidée par le Recteur est mise en place dans chaque académie. Elle sera chargée de rendre cohérente l’offre de formation en fonction des besoins de la région, et de proposer des formations aux bacheliers qui n’auraient pas de proposition satisfaisante lors de la procédure d’affectation.

Les liens entre supérieur et scolaire sont à développer, les interventions des enseignants chercheurs auprès de leurs collègues du secondaire doivent être valorisées.

5 – Déploiement du dispositif « étudiant ambassadeur »

Il s’agira de volontaires en service civique dans les C.I.O. et dans les lycées, mobilisés sur des missions complémentaires d’aide à l’orientation.

L’information à l’orientation par les pairs est la plus efficace qui soit, elle permet aux lycéens de se projeter dans leurs études supérieures.

Affectation

6 – Suppression de la sélection par le tirage au sort.

Le tirage au sort est la sélection la plus absurde et injuste qui soit. Depuis de nombreuses années, notre fédération demande que soient pris en compte dans la procédure d’affectation la motivation, le mérite et les talents des élèves.

7 – Une nouvelle plateforme plus simple et plus transparente.

La nouvelle plateforme « Parcoursup » ouvrira le 15 janvier et les élèves pourront saisir leurs vœux d’orientation jusqu’au 13 mars 2018. Elle fournira des informations sur les attendus, la capacité d’accueil, le nombre de candidatures l’année précédente, les contenus, le taux de réussite et les débouchés des différentes formations.

La plateforme « APB », malgré tous ses défauts, n’était pas le principal problème. Les soucis est l’inadéquation entre offre de formation et demande de la part des lycéens.

8 – A partir du 15 janvier 2018, 10 vœux maximum et non hiérarchisés pour éviter le choix par défaut.

Les vœux n’étant pas classés, chacun doit être motivé. Les formations seront dans la mesure du possible regroupées : il sera par exemple possible de postuler à « une PACES en Ile de France ».

La non hiérarchisation des vœux nous interroge, nous pensons que cela risque de ralentir le processus, les listes d’attente risquent de s’allonger de façon importante. Concernant la diminution du nombre de vœux, nous attendons de voir comment seront gérés les vœux groupés.

9 – Meilleure connaissance des attendus pour réussir dans la filière souhaitée.

Les connaissances et aptitudes requises pour intégrer une filière donnée prennent en compte les bulletins scolaires, les notes aux épreuves anticipées, mais aussi parfois une lettre de motivation, la présentation d’un projet ou le suivi de MOOC permettant une remise à niveau dans certaines matières. Il peut y avoir des compétences spécifiques complémentaires demandées, par exemple :

Pour la filière STAPS : un niveau en math, avoir le BAFA…..
Pour intégrer une PACES, il sera nécessaire d’avoir suivi au préalable un MOOC de connaissance des métiers de la santé et de la formation qui y mène.

Mettre à la disposition des futurs étudiants des informations détaillées sur les connaissances et compétences nécessaires, les taux de réussite et d’employabilité selon les filières est une bonne chose; ces informations permettront à chacun de faire ses choix en connaissance de cause !

A noter le lancement de Terminales2017-2018 et MonOrientationEnLigne

10 – Prise en compte du profil de chaque lycéen et de ses choix.

Les formations non sélectives à l’université n’auront pas la possibilité de refuser un candidat s’il reste des places disponibles. Elles pourront en revanche proposer un parcours à la carte à ceux qui n’ont pas les attendus requis (licence en + ou – 3 ans).

La prise en compte du parcours spécifique, de la motivation et du projet du bachelier dans la procédure d’affectation nous semble faire partie des fondamentaux pour un parcours réussi dans l’enseignement supérieur.

Voir le calendrier de la procédure d’affectation 2017-2018 *

*Source : education.gouv

Une offre de formation post-baccalauréat surmesure et rénovée

11 – Un « contrat de réussite pédagogique » pour mieux suivre le parcours de l’étudiant.

Les parcours menant à un diplôme seront à la carte. Les droits sociaux (ex : bourses) seront garantis sur la base de ces contrats pédagogiques.

Il s’agit d’un engagement de la part de l’institution à analyser la pertinence du projet, à faciliter les changements d’orientation. Nous verrons comment cette mesure sera mise en place mais cela va dans la bonne direction.

12 – Un premier cycle sur mesure, personnalisé et modulable (en + ou – 3 ans).

En fonction du profil des élèves inscrits, les parcours pourront être pluridisciplinaires, accélérés ou plus longs.

Permettre d’adapter les parcours aux étudiants, à leur profil nous paraît intéressant. Construire une licence sur 4 ans pour éviter les redoublements. Augmenter le nombre de formations/licences professionnalisantes nous paraît également utile.

La possibilité pour chaque étudiant d’effectuer une césure dans le cadre d’une convention passée avec son établissement d’inscription pendant la licence, y compris entre la terminale et la 1ère année d’enseignement supérieur, nous semble une proposition intéressante de nature à permettre aux jeunes d’affirmer leurs projets et gagner en maturité.

13 – Renforcement du tutorat et de l’accompagnement des étudiants.

Un Directeur des études sera nommé par champ disciplinaire du Supérieur. Il sera en charge de suivre chaque élève en s’assurant du déploiement des dispositifs pédagogiques lui permettant un bon aboutissement du « contrat de réussite pédagogique » mis en
place. Les étudiants de 1er cycle seront conseillés par un tuteur étudiant de Master. En milieu de 1er semestre de L1, un échange avec le Directeur des études permettra à l’élève, si nécessaire, d’adapter son parcours ou de se réorienter vers une formation ayant une rentrée décalée.

Le manque d’accompagnement des étudiants en faculté est une cause d’échec, toute mesure qui permettra un meilleur accompagnement est à soutenir.

14 – Encouragement des nouvelles formes de pédagogie

Les nouveaux concepts de pédagogie par projet, pédagogie inversée et enseignement par les pairs, pourront être mis en œuvre.

Il est essentiel d’adapter les méthodes pédagogiques au public divers de l’université, les expérimentations pédagogiques sont à encourager et à encadrer.

Conditions de vie étudiante

15 – Rattachement des nouveaux étudiants au régime général de la Sécurité sociale dès 2018

L’essentiel est de garantir aux étudiants une facilité d’inscription, une prise en compte immédiate de leur statut, un traitement rapide des dossiers de remboursement et une continuité de service lors de son entrée dans la vie active.

16 – Fusion des contributions « vie étudiante » pour rendre le système plus lisible : « la contribution globale »

Nous soutenons la volonté de simplifier le système ainsi que la volonté de faciliter l’accès à la culture et au sport pour le bien-être de tous les étudiants.

17 – Soutien à la mobilité jusqu’à 1 000 euros pour un(e) étudiant(e) qui change d’académie.

Valable pour un(e) étudiant(e) diplômé(e) d’une licence qui change d’académie pour son Master 1. Apporter une aide à la mobilité des étudiants est une bonne chose, En revanche les conditions d’attribution doivent être clairement encadrées et le montant nous semble très faible.

A savoir, cette mesure ne concerne que le Diplômes Nationaux de Masters (DNM). Les formations de « grade Master » délivrées par Sciences-po, par les écoles de commerce, d’architecture, etc., par exemple, en sont exclues.

Toutes les aides et services pour les étudiants sur messervices.etudiant.gouv.fr

18 – Création de nouveaux centres de santé au sein des universités pour améliorer l’accès aux soins de proximité

Parents, nous sommes extrêmement sensibles aux conditions de vie particulièrement difficiles des étudiants. Nous soutenons la création de centres de santé à compétences élargies de nature à permettre aux jeunes un meilleur accès aux soins.

Engagement financier

19 – 450 millions d’euros du Grand Plan d’Investissement pour accompagner la mise en place des nouveaux cursus, la modularisation, la mise en œuvre des contrats de réussite et l’accompagnement personnalisé de chaque étudiant.

20 – 500 millions d’euros sur l’ensemble du quinquennat afin d’ouvrir des places, de créer des postes dans les filières en tension et de valoriser l’engagement des enseignants dans la mise en place de la réforme.

Le défi que constitue l’accueil des futurs bacheliers, la possibilité de donner à chacun les chances de réussir, passera par des engagements financiers plus importants sur le long terme de la part de la collectivité.

L’enjeu est d’améliorer l’accueil de chacun, créer des places à l’université, bien sûr, mais aussi en BTS et IUT

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