Le handicap en panne

Courrier adressé à Madame Frédérique VIDAL Ministre de la Recherche et du Supérieur, Monsieur Jean Michel BLANQUER Ministre de l’Education Nationale, Monsieur Jérôme TEILLARD Inspecteur Général AENR et Madame Sophie CLUZEL Secrétaire d’Etat aux personnes handicapées.

Association de Parents préoccupés de la réussite de nos enfants et jeunes dans le respect de leurs besoins spécifiques, nous sommes, depuis de nombreuses années, force de propositions à vos côtés.  Nous œuvrons au quotidien dans nos académies et sommes tous convaincus qu’il n’est pas de plus grave question que d’assurer à tous les jeunes les bases solides qui leur assureront confiance en eux et aux autres indispensable pour le « vivre ensemble » , et  la possibilité de pouvoir s’orienter selon leur appétence . Cette orientation choisie est une condition essentielle pour faire de nos jeunes, les citoyens de demain, acteur de leur vie.

C’est donc avec grand intérêt que nous avons suivi toutes ces réformes nécessaires qui bouleversent l’architecture de l’Education Nationale et dont nous savons que l’objectif est « d’amener chaque jeune à l’autonomie »

Cependant plusieurs points nous alertent tant sur la réforme du Lycée que sur celle du Supérieur.

Nous savons que pour qu’une réforme soit portée vers la réussite il faut avancer en transparence et au sein de l’Education Nationale, il est important d’associer pour toutes décisions les parents, premiers éducateurs de leur enfant en veillant à ce que chaque instance, commission ou conseil associe les représentants de parents d’élèves et d’étudiants, garants de transparence et d’équité.

1. PARCOURSUP  document « fiche avenir » (Panel lycées) et le conseil de classe du second trimestre

  • Il est demandé à l’équipe enseignante à l’issue du conseil de classe du 2ème trimestre, pour les élèves qui souhaitent faire des étudessupérieures, de statuer sur 4 critères :
    – méthode de travail
    – autonomie
    – capacité à s’investir dans le travail
    – engagement/esprit d’initiative.
  • Témoignage de Professeurs en lycée :
    Certains de leurs collègues considèrent que les jeunes en situation de handicapqui ont un ordinateur ou un(e) AVS ne sont pas autonomes donc lesrecalent sur ces 4 critères, en plus des résultats scolaires me plus souvent.
    De même pour certains dys, ou d’autres types de handicap cognitif, ce quitouche à la méthode de travail va poser problème.
  • Sur la tenue des conseils de classe, l’incompréhension des représentants de parents « démissionnés » niveau terminale font remonter leurs doutes sur l’utilité des associations de Parents :

  « …Je profite de votre message pour vous demander : Pourquoi la PEEP laisse faire le lycée qui organise les conseils de classe dans la journée, ce qui mécaniquement empêche les représentants de parents d’élèves qui travaillent d’assister aux conseils, prive les élèves de cours pendant une semaine, Tout en rémunérant doublement les enseignants qui touchent leurs indemnités pour ces conseils en plus de leurs salaires, alors qu’ils devraient se dérouler en dehors des heures de cours. Ce fait, plus le refus de mettre les comptes rendus de conseils avec les bulletins, je m’interroge sur le poids et le rôle des parents dans les établissements ?» Témoignage d’un parent d’élève délégué

Proposition PEEP

Nous constatons qu’au quotidien, les professeurs ont du mal à dépasser leurs certitudes ancrées par une formation professionnelle insuffisante

  • Il nous semble urgent de leur apporter cette formation optimisée
  • Associer les représentants de parents aux conseils de classe sans restriction, c’est-à-dire l’étude de la fiche avenir. Les parents apportent aussi des éclairages pour le « bien du jeune concerné».

Nous sommes tous convaincus qu’il n’est pas de plus grave question que celle des jeunes handicapés ou en très grande difficulté. Ils sont des enfants ou des adolescents parmi les plus fragiles, parce qu’ils nous renvoient l’image de notre propre vulnérabilité et mesurent le degré de justice et de solidarité de notre pays.

Chaque jeune en situation de handicap ou en grande difficulté a le droit d’être regardé comme un membre à part entière de la société et a le droit de recevoir une réponse adaptée à ses besoins spécifiques. La seule manière de concilier cette double nécessité est d’élaborer une réponse étudiée et réfléchie au cas par cas avec la famille, ouverte vers les autres, mise en œuvre par des professionnels qualifiés qui connaissent le jeune, ses problèmes, et qui ont les moyens d’accompagner au plus près son évolution. Notre société, au fil du temps, a su bâtir des solutions efficaces d’accompagnements, d’éducation et de soins, parce que fondée sur un partenariat entre parents, médecins, rééducateurs, professionnels médicosociaux et enseignants de l’Education Nationale. Ces possibles l’ont été grâce à la publication de la loi de Février 2005 et de ses décrets, loi ratifiée par les ministères.

Les principes de la loi de février 2005 sont intangibles et pourtant fragilisée devant la faiblesse des textes récemment publiés qui fragilisent l’égalité des chances

N’ajoutez pas de la difficulté à la difficulté pour les personnes concernées et leur famille.

« Bonjour !
Vous n’avez pas à vous identifier sur votre dossier Parcoursup comme étant reconnu par la MDPH, vous serez évalué par rapport à votre dossier scolaire. Il n’y a pas cette année de commission médicale avec une affectation prioritaire pour les élèves en situation de handicap. Par conséquent, pour chaque formation demandée, il est indispensable de veiller à ce que la nature des locaux et les conditions de transport soient compatibles avec votre situation de handicap. Il vous appartient d’apprécier la pertinence de vos voeux au regard de l’accessibilité et des transports nécessaires pour accéder aux établissements envisagés. Un accompagnement renforcé à l’orientation avant la fin de saisie des voeux sur la nouvelle plateforme Parcoursup est indispensable pour ces élèves en situation de handicap, rapprochez-vous de votre lycée afin de vous faire aider au mieux (médecin, infirmière, enseignant). » Réponse reçue sur FAQ Parcoursup sur le handicap

 

2. PARCOURSUP et les jeunes en situation de handicap

 Propositions Peep

  • La possibilité de mentionner son handicapdans la fiche avenir laissée à l’appréciation du jeune et de ses parents. En effet les critères nationaux exigeant une autonomie dans le travail peuvent être pénalisants pour une personne en situation de handicap, les enseignants n’ayant pas nécessairement la formation pour pleinement appréhender la question du handicap dans toute sa complexité.
  • Le rétablissement et l’extensionà toutes les académies de France du dispositif spécifique accordant le droit à une priorité d’affectation déterminée à partir de la situation réelle et singulière de chaque élève. (PPS, PAP, PAI) ou pour ceux dont la situation se révèle en cours d’année.
  • Favoriser l’orientationpar l’information systématique des lycéens sur les conditions d’accueil dans l’enseignement supérieur (universités, écoles supérieures et post-baccalauréat).
  • Prendre en compte les situations particulières des élèves en situation de handicap à savoir les élèves passant le baccalauréat en plusieurs années afin de ne pas les considérer comme des redoublants.
  • Prendre en compte les élèves porteurs de handicap sans notetout en étant inscrits dans un lycée afin qu’ils ne soient pas considérés comme candidat libre.

Toutes les situations de Handicap sont différentes mais chaque élève doit pouvoir poursuivre une scolarité normale quelque-soit le niveau de son handicap.

  • Ne pas régler l’orientation des élèves en situation de handicap par un recours devant le rectorat.
  • S’appuyer sur les missions Handicap des établissements du supérieur dont les actions et pratiques vers les étudiants sont porteuses : Université de Rennes, Lille pour les étendre à tous.

 

 3. Le projet de loi Orientation et Réussite Étudiante (ORE) et les conditions de sa mise en œuvre.

Ces inquiétudes portent sur différents points :

  • Les attendus locaux qui introduisent des éléments susceptibles d’être discriminatoires.
  • La réalité de la construction d’une offre de dispositifs d’accompagnement qui constitue pourtant le cœur de la loi, les moyens (et leur répartition) donnés aux établissements et aux équipes.
  • Par ailleurs, les craintes que la loi soit l’occasion pour certains établissements d’instaurer une sélection locale restent fortes.
  • Proposition PEEP

Il est indispensable que ces différents éléments puissent faire l’objet d’une évaluation objective et fiable.

  • La création d’un comité de suivi de la loi ORE qui associerait les fédérations de parents.
  • Les commissions académiques pour les étudiants sans affectation

Des jeunes diplômés, après la fierté due à l’obtention de leur baccalauréat, seront rappelés à la dure réalité du doute !  Le temps de vacances sera assombri par cette incertitude dans l’attente de la tenue de cette commission.

Les informations connues sur le fonctionnement et composition de ces commissions nous sont assez floues pourtant  il est essentiel que les représentants de parents y soient associées.

  • Demande du mouvement

La participation de nos mouvements est gage de « co-education » et de transparence. Elle légitime les décisions prises.

  • Nous aimerions que les représentants de parents composent les commissions d’affectation.

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